Vous subissez des attaques répétées au bureau ? 30 % des salariés déclarent avoir vécu des comportements hostiles. Ce silence pèse lourd : stress, isolement, santé et carrière fragilisées.
Je décris 5 situations révélatrices — exemples de harcèlement moral au travail entre collègues —, j’explique comment constituer des preuves et quels recours engager. À la clé : savoir nommer les faits et agir pour se protéger. On commence par définir le harcèlement moral au travail.
Résumé
- Définition : selon L1152-1, le harcèlement moral = agissements répétés détériorant dignité, santé ou avenir professionnel (distinct d’un conflit ponctuel).
- Formes courantes entre collègues : remarques humiliantes, isolement/mise au placard, sabotage, tâches dévalorisantes, bore-out.
- Collecter et sécuriser les preuves : emails, captures d’écran, journal daté, certificats médicaux et témoignages ; sauvegarder hors de l’entreprise si nécessaire.
- Alerter en interne : RH, référent harcèlement, médecin du travail et représentants ; formaliser les échanges par écrit et demander témoignages écrits.
- Recours externes : inspection du travail, prud’hommes, plainte pénale si applicable ; consulter un avocat et chercher un soutien psychologique.
Qu’est-ce que le harcèlement moral au travail ?
Selon l’article L1152-1 du Code du travail, le harcèlement moral se caractérise par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d’altérer sa santé ou de compromettre son avenir professionnel. La répétition et l’effet sur la santé ou la dignité distinguent le harcèlement d’un conflit ponctuel.
La responsabilité de l’employeur peut être engagée même si l’auteur est un collègue. Conservez des éléments concrets : échanges écrits, attestations, certificats médicaux. Ces éléments servent à prouver la répétition et l’impact des faits.
5 situations concrètes de harcèlement moral entre collègues
Voici des exemples de harcèlement moral au travail entre collègues classés par mécanismes. Chaque situation décrit des actes répétitifs et reconnaissables qui dégradent les conditions de travail.
Remarques humiliantes et dénigrement répétés (en réunion, par écrit ou par message)
Un collègue prend systématiquement la parole pour ridiculiser, critique publiquement le travail sans fondement ou envoie des messages méprisants. Ces attaques répétées décrédibilisent la victime devant l’équipe et génèrent stress et perte d’estime. Conservez copies d’emails, captures d’écran et notez dates et témoins.
Mise au placard et isolement social (exclusion des échanges, retrait de missions)
La victime ne reçoit plus d’invitations aux réunions, perd l’accès aux outils et voit ses missions transférées. L’isolement isole la personne du circuit d’information et freine sa carrière. Notez les changements de tâches, gardez preuves de refus d’accès aux dossiers et sollicitez des témoins.
Sabotage professionnel : privation d’outils, informations erronées et obstruction
Un ou plusieurs collègues fournissent volontairement des informations fausses, suppriment des fichiers ou refusent d’autoriser l’accès aux outils. Le sabotage provoque des erreurs professionnelles exploitées pour critiquer la victime. Sauvegardez preuves techniques et traces de workflow.
Imposition de tâches dévalorisantes ou inadaptées (danger, rétrogradation déguisée)
Attribuer des tâches humiliantes, dangereuses ou hors compétence constitue une méthode pour pousser vers l’échec ou la démission. Documentez les missions confiées, comparez avec la fiche de poste et recueillez tout avis médical si la tâche nuit à la santé.
Bore-out déguisé : exclusion par l’ennui et neutralisation de la mission
On retire progressivement les responsabilités pour laisser la personne inactive, déqualifiée et stigmatisée. Le manque d’activité, répété, altère l’avenir professionnel. Tenez un journal d’activité et demandez par écrit des réaffectations de missions.
Que faire en cas de harcèlement moral entre collègues : preuves, signalement et recours
Agissez méthodiquement : rassemblez éléments, informez en interne, puis engagez recours si nécessaire. Préservez votre sécurité psychologique tout au long du processus.
Rassembler et sécuriser les preuves en toute discrétion (emails, captures d’écran, témoins)
Rassemblez emails, SMS, captures d’écran et un journal daté des incidents. Demandez à des témoins s’ils acceptent de consigner leurs observations par écrit. Sauvegardez les preuves hors de l’entreprise si le risque de suppression existe.
Alerter en interne : RH, référent harcèlement, médecin du travail et rôle des témoins
Alertez les RH ou le référent harcèlement et prenez contact avec le médecin du travail pour un constat médical. Informez un délégué syndical si possible. Faites rédiger les échanges par écrit et conservez-les. Demandez aux témoins de formaliser leurs déclarations.
Recours externes : inspection du travail, prud’hommes, plainte pénale et accompagnement juridique
Si la situation persiste, saisissez l’inspection du travail ou le conseil de prud’hommes. Déposez plainte si les faits relèvent d’une infraction pénale. Consultez un avocat spécialisé pour évaluer stratégie et délais. Cherchez un soutien psychologique et un accompagnement pratique pour sécuriser la procédure.
FAQ pratiques pour victimes et témoins : qui contacter et dans quel ordre ?
Contactez d’abord la personne ressource la plus proche : RH ou référent harcèlement. Si le signalement interne n’aboutit pas, contactez le médecin du travail et un représentant du personnel.
Ensuite, saisissez l’inspection du travail ou consultez un avocat. Rassemblez preuves, notez l’ordre chronologique des actions et protégez vos données. En cas d’urgence sanitaire, consultez un professionnel de santé sans délai.


